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LES LIVRES D’ARCHITECTURE
Notice détaillée
| Auteur(s) |
Girard, Jean,
Jollain, [François]-Gérard, |
| Titre |
Cheminée (sic) nouvellement faites… |
| Adresse |
Paris, J. Le Blond, 1686 |
| Localisation |
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| Mots matière |
Cheminées |
Consultation de l’ouvrage
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English
Issu
d’une famille d’entrepreneurs et maîtres maçons
parisiens, Jean Girard commença sa carrière en tant que
tel, notamment au service des Bâtiments du Roi à la Bastille
(1669-1672), à la pépinière du Roulle (1670-1678)
et au nouveau Châtelet (1675). De 1667 à 1681, il travailla
sur le chantier de la Sorbonne, d’abord en collaboration avec
Jacques Curabelle, jusqu’à la mort de ce dernier en 1673,
puis seul. Vers 1672, il devint l’adjoint d’Antoine Le Pautre,
dont il dirigea les chantiers, à commencer par celui du château
de Saint-Cloud pour le frère de Louis XIV, auquel son nom est
traditionnellement attaché. À la mort de l’architecte
en 1679, Girard le remplaça comme intendant et architecte du
duc d’Orléans.
La reconnaissance
de Girard comme architecte passa peut-être par la publication
dans les années 1680 de planches gravées. La mention la
plus ancienne de son œuvre gravé remonte à l’année
1687. Dans l’inventaire de l’atelier du graveur François-Gérard
Jollain, dressé à l’occasion de son mariage, il
était en effet question sous le numéro 35 de « vingt-huict
planches faisant quatre livres, représentant un livre d’autels
des plus beaux de Paris avec leurs plans, et trois livres de cheminées
avec leurs proportions et mesures, le tout levé et dessigné
avec soin par Monsieur Girard architecte et intendant des bastimens
de Monsieur, frère unique du Roy, les estampes desquelles se
vendent aux marchands sur le pied de cent sols le cent ».
Seuls les
trois livres de cheminées ont pu être à ce jour
identifiés. La bibliothèque de l’INHA (Fol°
Res. 28) détient un recueil réunissant en un seul volume
les dix-huit planches avec une page de titre et d’avertissement,
elle aussi gravée. Les trois livres y sont clairement identifiables.
Les six premières planches constituent le premier, et portent
les mentions « Leblond excudit Girard fecit ». Les suivantes,
correspondant au deuxième livre, portent les mentions «
G. Jollain excudit Girard fecit. ». Les six dernières,
constituant le dernier livre, portent pour quatre d’entre elles
seulement, l’excudit de Le Blond. L’ensemble est
publié sous le titre Cheminée (sic) nouvellement
faites sur les desseins du sieur Girard, architecte et intendant des
bastiments de Monsieur, frère unique du Roi, qu’il a fait
faire en plusieurs bastiments, et porte la mention À Paris, chez
le Blond, peintre du Roy en son Académie royalle, rue St Jacques
proche St Benoist, à la Cloche d’Argent, avec privilège
du Roy. 1686. Cette mention est très intéressante,
car Le Blond était le beau-frère de Jean Girard. Et l’excudit
de Jollain permet de comprendre la présence de planches dans
son inventaire, puisqu’il y avait collaboré. La bibliothèque
de l’École des Beaux-Arts à Paris (Est. 1956-1961),
possède une série de huit planches isolées qui
correspondent au deuxième livre dont parlait l’inventaire
de Jollain.
Du point
de vue formel, les cheminées proposées par Girard répondent
à la définition que donnait Blondel d’une «
cheminée à la moderne », se réduisant «
à un chambranle de marbre, vrai ou feint, et, si l’on veut,
un petit entablement que l’on remplit de vases de porcelaine avec
un cadre au-dessus, pour un tableau ou quelque beau bas-relief ».
Dans la démarche, le livre de Girard se situe dans la tradition
de ceux proposées depuis le XVIe siècle en Italie, et
illustrée en France par Pierre Collot (1633) et Jean Barbet (1633),
et ne se distingue pas de ceux gravés par ses contemporains,
par exemple d’Aviler dans son Cours d’architecture,
paru en 1691, ou encore Jean Le Pautre ou Abraham Bosse. Toutefois,
le recueil de Girard se veut, semble-t-il, plus didactique ou du moins
plus pratique que ceux de bon nombre de ses prédécesseurs
et contemporains. Il prend soin non seulement de faire une dédicace
sous forme d’Avertissement qui conduira les ouvriers à
bien mettre en execution les cheminées du présent livre,
mais aussi de coter et de donner les mesures, la coupe et l’échelle
de chacune de ses cheminées.
Michaël Decrossas (EPHE, Paris) – 2009
Bibliographie critique
M. Decrossas, Le château de Saint-Cloud, des Gondi aux Orléans
: architecture et décors (1577-1785), thèse de doctorat
soutenue à l’École pratique des Hautes Études,
2008, p. 163-178, 238-242.
M. Decrossas, « Girard », Allgemeines Künstler
Lexikon : die bildenden Künstler aller Zeiten und Völker,
Leipzig-München, Saur, 2007, 55, p. 157-159.
D. Guilmard, Les maîtres ornemanistes, dessinateurs, peintres,
architectes, sculpteurs et graveurs. Ecoles française, italienne…,
Paris, Plon, 1880, p. 112.
M. Le Moël, L’architecture privée à Paris
au Grand Siècle, Paris, Commission des Travaux historiques
de la Ville de Paris, 1990, p. 59, 422.
J. Lothe, « Le fonds de planches de François Gérard
Jollain, marchand d’estampes parisien », Documents d’Histoire
parisienne, 5, 2005, p. 37-44.
R.-A. Weigert, Inventaire du fonds Français, graveurs du
XVIIe siècle, Paris, Bibliothèque nationale, 1968,
5, p. 4.
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